Une affaire de famille

Explorer la riche histoire de la conservation de la Tourbière-de-Venise-Ouest

Pour John Sauro, l’acquisition d’un lot qui fait maintenant partie de la réserve naturelle de la Tourbière-de-Venise-Ouest fut le rêve d’une vie né d’un voyage de camping à l’âge de 12 ans.

John a grandi dans la grande région de Montréal, au Québec. Sa première escapade en plein air fut un voyage de camping organisé par son école. Dans l’autobus scolaire, il n’en croyait pas ses yeux de voir défiler toutes ces étendues de forêts d’un vert éclatant et ces sommets qui traversaient les nuages pour toucher le ciel.

Une fois adulte, inspiré par ce voyage, John s’est mis à explorer la nature entourant sa région. C’est à Venise-en-Québec, au sud-est de Montréal, qu’il a acquis à l’âge de 23 ans un terrain de 380 hectares (939 acres) avec ses économies et un ou deux prêts de membres de sa famille.

« C’était il y a près de 40 ans, mentionne John. J’aurai 60 ans cet été, et je suis toujours aussi excité quand j’arrive ici ».

Un havre de nature

La réserve naturelle de la tourbière de Venise-Ouest protège environ 80 % de la tourbière, un milieu diversifié composé également de forêts et de cours d’eau, et abritant près de 15 espèces en péril. Parmi celles-ci figure la thélyptère simulatrice, une fougère très rare qui, au Québec, ne croît que dans quelques autres tourbières. La conservation de la tourbière de Venise-Ouest est donc vitale pour cette espèce, et ce, à l’échelle de la province.

Une centaine d’espèces d’oiseaux, comme le petit blongios, ainsi que plusieurs espèces de mammifères, de reptiles et d’amphibiens, se trouvent aussi dans la réserve naturelle. On compte également une forêt peuplée de pins blancs centenaires et d’érables rouges, ainsi que deux étangs de castors.

« Il y a de multiples habitats naturels ici, précise John. Les deux étangs de castors drainés par l’ancien propriétaire ont été restaurés. Ils attirent des espèces sauvages, dont la loutre de rivière. »

Petit blongio

Le petit blongios est un oiseau des milieux humides. Au cours des dix dernières années, sa population a décliné en raison de la diminution de ce type d’habitat. Cette espèce est désignée menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), alors qu’en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec elle est désignée « vulnérable. »

Un passé toujours présent

Les personnes qui visitent la tourbière de Venise-Ouest peuvent y voir des traces du passé.

« En marchant sur le trottoir de bois, on peut voir un alignement de pierres dans une partie de la propriété, décrit John. C’est que dans les années 1880, on a tenté d’y cultiver la terre. On remarque aussi qu’il y a eu de l’exploitation forestière, mais les arbres ont repoussé depuis. Ils sont si résilients. »

La protection des terres pour assurer l’avenir

Maintenant père de deux enfants, John vient passer du temps avec sa famille à son chalet situé à un jet de pierre d’un des étangs de castors. De là, il peut observer les cerfs de Virginie qui traversent l’étang et les canards qui y barbotent.

« Mes plus beaux souvenirs de la réserve naturelle de la Tourbière-de-Venise-Ouest sont des moments passés avec mes enfants, se souvient-il. C’est merveilleux de voir cet habitat naturel à travers leurs yeux. »

Après l’achat du premier lot, John savait qu’il devait en faire davantage pour protéger ce secteur. Il a donc hypothéqué sa maison trois fois et fait l’acquisition de quatre lots additionnels, dont une pinède mature qui était en danger imminent d’être exploitée.

« Les résidents des environs me remercient encore d’avoir sauvé ces terres, ajoute John. La proximité de Montréal fait que les milieux comme celui-ci sont en danger de disparition. »

En réfléchissant à l’avenir de ses terres, John savait qu’il voulait qu’elles soient protégées à long terme. Ainsi, en 2013, il a fait don de la majeure partie de sa propriété à Conservation de la nature Canada (CNC).

En acquérant son premier lopin de terre, qu’il a par la suite donné à CNC, John a tracé le chemin pour que d’autres milieux soient protégés dans le secteur. Il reconnaît l’importance de la nature et ce qui doit être fait pour sa conservation afin que les futures générations puissent en profiter.

« Je ne peux pas imaginer une vie sans accès à la nature, dit-il. C’est l’endroit où on revient à l’essentiel, et où on réalise qu’on fait partie d’un ensemble bien plus vaste. La nature régénère notre âme. »

Espèces à observer

– crapaud d’Amérique
– thélyptère simulatrice
– salamandre à points bleus
– sarcelle à ailes bleues
– couleuvre rayée
– tyran tritri
– moucherolle phébi
– petit-duc maculé
– pékan
– grenouille verte
– héron vert
– harle couronné
– salamandre cendrée
– cardinal à poitrine rose
– cerf de Virginie
– canard branchu
– grenouille des bois

Photos (de haut en bas) : CNC; François Villeneuve; CNC; CNC; John Sauro; CNC; Nicole Rien; Chelsey Clem.

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